A/ L’intégration économique régionale

lundi 17 mai 2010.
 

L’intégration économique

L’intégration économique régionale consiste à créer un espace économique unifié entre les pays d’une même zone du monde.

L’objectif de l’intégration économique est d’assurer une plus grande prospérité aux pays membres, au travers de plusieurs mécanismes

-  l’augmentation des échanges, qui permet la spécialisation et la localisation de la production là où elle est effectuée de la manière la plus performante
-  l’augmentation de la taille des marchés qui permet la réalisation d’économies d’échelle
-  l’intensification de la concurrence (baisse des prix et incitation à l’innovation)
-  la création d’un environnement économique favorable aux affaires (la diminution des risques de change et des risques de politiques protectionnistes est favorable à l’investissement)

On espère aussi que l’interdépendance économique va favoriser les relations pacifiques entre les nations et que l’UE sera garante de la paix.

L’intégration économique connaît des degrés que l’on peut résumer sous forme d’un tableau.

Degré d’intégrationDéfinitionRéalisation en Europe
Zone de libre échangeLibre circulation des biensTraité de Rome (1957)
Union douanièrezone de libre échange doublée d’un tarif douanier commun vis à vis des autres pays du monde1968
Marché communUnion douanière et libre circulation des facteurs de production (capital et travail)Acte unique (1986) débouchant sur le marché unique (1993), espace Schengen (1990)
Union économiquePolitiques communes ou harmoniséesCECA (1951) PAC (1962)
Union monétaireMonnaie uniqueTraité de Maastricht (1992)

L’Europe est région qui est allée le plus loin dans l’intégration économique. La prospérité promise par l’intégration n’a toutefois pas été au rendez vous. Par exemple le "livre blanc" sur le marché unique prévoyait 4% de croissance, alors que le début des années 90 a été particulièrement sombre sur le plan économique (récession en 1993 pour la France).

L’union monétaire

La fluctuation des taux de change est dommageable à l’économie car elle rend difficiles les prévisions des entrepreneurs (compétitivité de leurs produits, coûts d’approvisionnement à l’étranger, rentabilité des investissements à l’étranger).

Les pays européens ont donc cherché à limiter les fluctuations de leurs monnaies à l’aide du "serpent monétaire européen" (1972-1978) et du SME (1979-1992). Ces tentatives ont été vouées à l’échec à cause des attaques spéculatives dont furent victimes certaines monnaies (lire italienne, le franc en 1982). La monnaie unique s’impose alors comme la seule solution capable d’éliminer les problèmes générés l’instabilité des taux de change. Par ailleurs, dans le SME, le mark s’était imposé comme monnaie de référence, les banques centrales s’efforçant de maintenir une parité parfaite de leur monnaie avec celui-ci. Ainsi les pays européens avaient dores et déjà limité l’autonomie de leur politique monétaire pour assurer la stabilité des changes.

Outre l’élimination du risque de change, on attend plusieurs autres avantages de la monnaie unique :
-  faciliter le commerce et limiter les coûts de transaction (commissions de change par ex.)
-  augmentation de la concurrence via la transparence et la comparabilité des prix
-  disposer d’une monnaie de référence, dans laquelle peuvent être libellées les transactions internationales, qui mette les pays européens à l’abri des fluctuations du dollar (sensible aux politiques monétaires américaines).

La monnaie unique est décidée au traité de Maastricht (1992). Les taux de conversion des différentes monnaies par rapport à l’euro sont fixés en 1999, et la monnaie fiduciaire entre en circulation en janvier 2002.

La politique monétaire dans la zone euro est confiée à la Banque Centrale Européenne 1998. Cet organisme indépendant des pouvoirs politiques s’efforce essentiellement d’assurer la stabilité des prix. Son objectif d’inflation est de moins de 2%, et cet objectif a globalement été atteint dans la zone euro.

Du point de vue de son adoption, l’euro est une réussite : il n’a pas suscité de rejet de la population, bien qu’on lui attribue souvent en France une hausse temporaire des prix (effet d’aubaine lié à la perte des repères et arrondis). Il a été particulièrement bien accepté dans les pays qui connaissaient une forte inflation (monnaie faible). Il s’est imposé comme monnaie de réserve et monnaie de transaction au niveau international (les transactions euro ont dépassé les transactions libellées en dollar).

Cependant l’adoption d’une monnaie unique impose des contraintes et génère des problèmes spécifique (cf. B/).



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